Je pense avoir réussi à assembler une version préliminaire de la première partie de mon récit (une trentaine de fragments). À ce stade, je suis confrontée à des aspects de
mon écriture que je connais déjà.
- La force et le piège de la rigueur, du perfectionnisme : force parce qu'elle incite au travail, au dépassement de soi, à une mise en forme précise, patiente. Piège parce
qu'elle entraîne des obsessions et un travail de reprise, sans fin.
- En partie liée à l'aspect précédemment nommé, la difficulté de mettre un terme, même temporaire, à l'acte d'écriture, de réécriture. La difficulté de mettre de côté
ce qui m'a portée pendant un temps, et ce, même si une autre partie du travail m'attend. Un sentiment de perte accompagne cette étape de mon travail.
- La difficulté d'ouvrir : ouvrir vient clore un travail, même si ce travail sera probablement repris par la suite (après dialogue, distanciation et mûrissement). Dans la
situation qui me concerne, cette clôture implique d'inviter l'autre à entrer dans un monde, une atmosphère, un cocon qui a été le mien pendant le travail et que je viens à peine de quitter.
Opération délicate et nécessaire qui, malgré l'anxiété ressentie, va certainement m'apporter beaucoup.
Demain je vais porter mon travail à mon directeur de recherche. Une façon de m'aider à clore - partiellement - cette étape. De passer à la suivante. Un brin d'angoisse. Un petit bonheur
aussi.
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