Je me suis remise de cette malaventure. Mes intestins font des siennes. Mais, dans l'ensemble, le moral est plutôt bon.
J'ai terminé une première mouture du récit qui fera partie de mon mémoire de maîtrise. Il est constitué de plus de 250 fragments (courts textes) répartis en trois
sections. Prochainement, je rencontre mon directeur de recherche afin de voir avec lui le travail accompli et orienter le travail à venir (réécriture du récit et écriture de la partie réflexive
du mémoire). J'ai déjà une bonne idée de l'orientation que prendra ma réflexion et ressens du plaisir à l'idée d'élaborer cette partie du projet.
Je pense avoir réussi à assembler une version préliminaire de la première partie de mon récit (une trentaine de fragments). À ce stade, je suis confrontée à des aspects de
mon écriture que je connais déjà.
- La force et le piège de la rigueur, du perfectionnisme : force parce qu'elle incite au travail, au dépassement de soi, à une mise en forme précise, patiente. Piège parce
qu'elle entraîne des obsessions et un travail de reprise, sans fin.
- En partie liée à l'aspect précédemment nommé, la difficulté de mettre un terme, même temporaire, à l'acte d'écriture, de réécriture. La difficulté de mettre de côté
ce qui m'a portée pendant un temps, et ce, même si une autre partie du travail m'attend. Un sentiment de perte accompagne cette étape de mon travail.
- La difficulté d'ouvrir : ouvrir vient clore un travail, même si ce travail sera probablement repris par la suite (après dialogue, distanciation et mûrissement). Dans la
situation qui me concerne, cette clôture implique d'inviter l'autre à entrer dans un monde, une atmosphère, un cocon qui a été le mien pendant le travail et que je viens à peine de quitter.
Opération délicate et nécessaire qui, malgré l'anxiété ressentie, va certainement m'apporter beaucoup.
Demain je vais porter mon travail à mon directeur de recherche. Une façon de m'aider à clore - partiellement - cette étape. De passer à la suivante. Un brin d'angoisse. Un petit bonheur
aussi.
J'étudie à la maîtrise en études littéraires. Mon mémoire comprend deux parties : un volet création et un volet réflexion - les deux travaillent ensemble.
Actuellement, je reprends mon travail laissé en suspens depuis le début de l'automne.
J'en suis à assembler le volet création : un récit en fragments. C'est un travail que je trouve ardu. Plus une oeuvre est grande, comporte de pages, plus j'ai du mal à établir une vue d'ensemble.
C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle j'ai choisi de travailler le fragment, parce que j'ai une aisance à travailler en macroscopie, les petites choses. Ce défi, quoique ardu, va
certainement m'apporter beaucoup.
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